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Une larme m’a sauvée

Témoignage : une larme m’a sauvée.

Une larme m'a sauvée

Une larme m’a sauvée

Transportées aux urgences de l’hôpital de Strasbourg pour un malaise, Angèle Lieby commence à avoir des difficultés à s’exprimer, puis perd connaissance. On la plonge dans un coma artificiel pour l’intuber. Le quatrième jour, elle ne se réveille pas. Or Angèle est consciente et souffre sans pouvoir réagir. Pour le personnel médical, elle est très vite considérée comme morte. Le miracle : une larme. Amazon.fr

Tout commence le 3 juillet 2009, Angèle Lieby, victime d’un malaise après une migraine, est transportée à l’hôpital et plongée dans un coma artificiel.

«Au bout du troisième jour, j’entendais tout, mais je ne pouvais rien bouger parce que j’étais complètement paralysée. Je ne pouvais pas ouvrir les yeux, je ne pouvais plus rien faire. Il n’y avait que mon cœur qui battait. Je n’étais même plus capable de respirer», se souvient au micro d’Eu­rope 1 Angèle Lieby.

«J’en­ten­dais ma famille, mes amis, mes collègues. J’entendais tout et tout le monde me disait -mais réveille toi ! », poursuit-elle.

Prisonnière de son corps

Autour d’elle, tout le monde ignore qu’elle est prisonnière de son corps. Même le personnel hospitalier qui la considère déjà morte.

«J’avais un problème aux sinus. Alors qu’on me nettoyait les sinus, j’ai entendu une infirmière qui disait

– on doit lui faire trois soins mais on ne va lui en faire qu’un par­ce que de toute façon, elle va bientôt clamser», raconte Angèle Lieby.

«J’ai horreur de ça. Je ne l’emploierai mê­me pas pour un chien. Ce mot clamser, c’était l’hor­reur», regrette-t-elle.

«Tout le monde me disait : mais réveille toi»

Une violence qu’elle a aussi ressentie dans sa chair.

«C’était la piè­ce où ils parlaient de leurs soucis personnels comme si je n’existais plus. Un médecin m’a fait très mal au niveau de la poitrine. Ensuite, il est revenu avec du monde et leur a dit :

«maintenant je vais vous montrer comment on procède pour voir si la personne est vivante ou mor­te», se remémore la Stras­bour­geoise.

«C’est là qu’il m’a pincé le téton. C’est une douleur atroce. C’est comme si on vous arrachait un organe : l’oreille, le pied ou n’importe. J’étais restée inerte, comme si je n’étais plus là, alors que mon cœur battait», insiste-t-elle.

«Ne t’inquiète pas, on va s’occuper de Papa»

Le 25 juillet, jour de son anniversaire de mariage avec Ray­mond, tout bascule.

«Ma fille me di­sait

-ne t’inquiète pas, on va s’occuper de Papa

– mais qu’il fallait quand même que je me réveille parce que quand bien même elle aurait un troisième enfant, il ne connaîtrait même pas sa mamie.

«C’est là que je me suis mise à pleurer», se remémore Angèle Lieby. Elle s’est mise à crier

– maman pleure !

– On lui a alors dit

-non c’est le gel qu’on lui a mis dans les yeux

– mais, elle était sûre que j’entendais.

Elle avait vraiment vu que les larmes coulaient à ce moment-là», martèle l’ancienne ouvrière.

«Ces personnes peuvent souffrir»

A partir de là, tout s’enchaîne. «Après j’ai commencé à bouger le petit doigt. Deux ou trois jours après, j’ai ouvert les yeux. Il a fallu réapprendre à marcher, réapprendre tout», souligne An­gèle Lieby. Aujourd’hui, elle souhaite avant tout que son histoire soit utile à d’autres.

«Tant que le cœur bat, on est vivant.

Pour le corps médical, si le cerveau est plat, c’est fini.

Je dis l’inverse. Tant que le cœur bat, on est vivant», insiste Angèle Lieby.

Pour les gens qui ne peuvent pas parler, j’aimerais dire haut et fort que ces personnes peuvent souffrir.

Il faut faire très attention et ne pas penser qu’ils sont un corps inerte qui ne ressent plus rien», conclut-elle. www.europe1.fr

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Un cas exceptionnel pour la science. La maladie d’Angèle est le syndrome de Bickerstaff. Il peut se déclencher après une infection aussi commune qu’une rhinopharyngite… Son cas est exceptionnel pour la science. Il fait l’objet de présentations dans divers congrès de médecine et de recherches.

Biographie de l’auteur

En Alsace où elle vit, Angèle a rencontré Hervé de Chalendar, journaliste à l’ Alsace. Ému par son histoire, il en a fait le récit dans le quotidien où il travaille et a obtenu le prix Hachette. Ensemble, ils ont décidé d’écrire un livre. L’histoire d’Angèle a aussi fait l’objet d’un portrait dans l’émission de TF1 « 7 à 8 ».

Vous trouverez le livre sur Amazon

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