Consommation collaborative et budget familial.

Donner au lieu de jeter, augmenter la durée de vie des objets, privilégier l’usage à la possession, partager, collaborer pour consommer malin, ne sont-ils pas des moyens d’aider les autres à équilibrer leur budget familial ?

Les concepts d’économie du partage et de consommation collaborative se rapprochent tellement qu’on utilise souvent l’un pour l’autre.

Mais qu’est-ce que la consommation collaborative ? Quels sont ces mots clés ? Quelles motivations font agir ses adeptes ? Quelle influence aura-t-elle sur le budget familial ?

Définition de la consommation collaborative :

Selon Rachel Botsman « L’économie du partage manque d’une définition partagée. » La consommation collaborative donc connaît plusieurs définitions :

  • Rachel Botsman experte reconnue définit la consommation collaborative comme :« (…) un modèle économique basé sur l’échange, le partage, la location de biens et services privilégiant l’usage sur la propriété ».

 

  • Pour la Direction générale des entreprises :« Dans sa définition la plus large, la consommation collaborative permet à une communauté de particuliers de prêter, louer, donner, partager, échanger, acheter des biens ou des services.
    Ces nouvelles pratiques, qu’il y ait ou non une contrepartie monétaire, ont pris une forte ampleur et sont maintenant ancrées dans les habitudes des Français, notamment grâce à l’essor de plateformes sur Internet qui facilitent considérablement la mise en relation de particuliers. »

 

  • L’encyclopédie collaborative Wikipédia en donne le sens suivant :« La consommation collaborative désigne un modèle économique où l’usage prédomine sur la propriété : l’usage d’un bien, service, privilège, peut être augmenté par le partage, l’échange, le troc, la vente ou la location de celui-ci. »

Les mots clés de la consommation collaborative.

La consommation collaborative se retrouve dans toutes les formes d’échange de biens et de services, de partage et de solidarité communautaire. Les acteurs de la consommation collaborative pratiquent :

Cette liste n’est pas exhaustive, car de nouvelles formes de consommation collaborative se développent régulièrement.

Les motivations des consommateurs collaboratifs.

Les convaincus de la consommation collaborative ont plusieurs raisons parmi lesquelles :

  • Réaliser des économies : 63 % des adeptes recourent à la consommation collaborative pour acheter moins cher et augmenter leur pouvoir d’achat ;
  • Gagner de l’argent : faire de bonnes affaires en revendant des objets inutilisés ou par la location des objets sous-utilisés tels que la voiture ;
  • Faire de nouvelles connaissances, nouer des relations durables ;
  • Protéger la nature ;
  • Partage et solidarité pour un monde meilleur.

Mais puisque la majorité des pratiquants de la consommation collaborative ont des motivations économiques, voyons la relation entre…

Le budget familial et la consommation collaborative.

La gestion du budget familial, oblige à acheter malin pour réduire le coût des dépenses sans pour autant priver la famille.
L’économie collaborative aidera à une meilleure gestion de tous les postes du budget, car dans cette économie du partage se développe tous les jours de nouvelles idées pour partager, donner, louer, vendre, troquer entre particuliers.
Quand l’usage se trouve privilégié à la possession, le prêt, le troc ou le partage sont préférés à l’achat. Par conséquent, les sorties d’argent diminuent au profit de l’équilibre du budget familial.

Voici onze idées pour mieux gérer le budget familial avec la consommation collaborative :

  • Réduire le gaspillage alimentaire : partager son frigo afin que des aliments utiles à d’autres personnes ne finissent à la poubelle.
    Le coût du gaspillage alimentaire en France est estimé entre 100 et 160 euros par an et par personne (source : ADEME). Soit de 12 à 20 milliards d’euros par an.
  • Trouver de bons plans pour acheter moins cher à qualité égale.
  • Aller au-delà du cercle familial, amical et professionnel pour emprunter, troquer, acheter ou vendre grâce aux plateformes de mise en relation.
  • Identifier les voisins qui utilisent la consommation collaborative pour partager, mutualiser ou réemployer car la proximité constitue un avantage indéniable.
  • Organiser ses prochaines vacances avec la consommation collaborative afin de réduire les coûts et trouver de nouvelles idées de détentes en communauté ou par le partage.
  • Utiliser le financement participatif pour investir dans un projet innovant ou pour financer un projet personnel par le prêt entre particuliers.
  • Troquer ses compétences pour se former à moindres frais.
  • Dénicher les objets dormants dans les placards, les tiroirs, le garage et les vendre aux enchères sur les sites de ventes entre particuliers pour avoir l’argent qui vous manque.
  • Augmenter son pouvoir d’achat avec la consommation collaborative alors que les revenus restent les mêmes.
  • Gagner des revenus additionnels en mettant ses compétences au service des particuliers.
  • Identifier les causes de déficit du budget familial et utiliser les idées de la consommation collaborative afin de consommer malin et solidairement et réduire les sorties d’argent.

Quelle pratique de la consommation collaborative ?

Trois modèles de la consommation collaborative ont été identifiés par les experts :

1. Le réemploi des objets.

Les objets remplacés et qui sont en bon état de fonctionnement, au lieu d’être stocké ou jetés, sont réemployés par :

1.1. Le don constitue le moyen de réemploi traditionnel et le bénéficiaire était soit un membre de la famille soit une organisation humanitaire.
Aujourd’hui, le don peut aller bien au du cercle des proches et revenir à une personne très éloignée par la distance grâce aux sites de mise en relation comme www.jecherchejedonne.fr/

1.2. La revente peut financer une partie du prix de l’objet de remplacement. La consommation collaborative permet aux particuliers de développer ce type de transaction.

1.3. Le troc, méthode traditionnelle réutilisée par la consommation collaborative afin de ne pas être limitée par l’argent.
Notons tout de même qu’une compensation monétaire peut intervenir si la valeur des objets échangés est trop inégale.

2. La mutualisation.

La mise en commun de moyens permet de réduire les coûts et de réaliser des économies par :

2.1. L’emprunt : rarement utilisée la perceuse (les outils de bricolage en général)peut être empruntée, d’autres objets comme les livres et les DVD aussi.
Cette pratique entre personnes qui se connaissent bien se répand par internet et les plateformes de mise en relation .

2.2. La location à court terme constitue un moyen d’augmenter le taux d’utilisation des outils de bricolage par exemple tout en rendant service au locataire qui économise sur le prix d’achat de l’objet loué.

2.3. Les achats groupés : faire croître les quantités demandées pour réduire le prix d’achat et réaliser des économies substantielles pour les participants.
Une forte demande donne un pouvoir de négociation accru aux groupes d’acheteurs.

3. La mobilité partagée.

Les transports en commun (autobus, métro, train) constituent un exemple de mobilité partagée. La consommation collaborative s’approprie cet exemple pour diversifier et rapprocher ce modèle des utilisateurs par :

3.1. L’autopartage : une voiture reste inutilisée 82 % du temps, la partager permet de gagner des ressources financières ou de diviser les dépenses d’entretien du véhicule.
Certaines personnes utilisent les services d’autopartage au lieu d’acheter un véhicule neuf.

3.2. Le covoiturage offre la possibilité de se déplacer sur de longues distances en partageant les frais avec les covoiturés. Il se pratique aussi sur des trajets plus réguliers comme du domicile au lieu de travail.

Usage de la consommation collaborative avec les plateformes de mise en relation.

Prêter, louer, échanger avec une personne connue se fait sans appréhension, mais lorsqu’il s’agit d’un inconnu la prudence voire la méfiance s’installe.

Les plateformes de mises en relation permettent aux adeptes de la consommation collaborative de trouver ou d’offrir des services, des biens, d’échanger, de partager, de louer.
Ces transactions s’effectuent le plus souvent entre des personnes qui ne se connaissent pas.
Un système de double notation mis en place par les plateformes oblige l’acheteur à évaluer le vendeur et vice-versa. La confiance est ainsi instituée, car les brebis galeuses sont très vite identifiées et éjectées.

Les plateformes de mises en relation :

  • Créent des communautés autour d’un besoin spécifique ;
  • Gérent la confiance par des systèmes de notation en sus des protections classiques comme l’assurance ;
  • Accélèrent les transactions et réduisent leurs coûts grâce au Web ;
  • Éliminent les intermédiaires ;
  • Permettent d’aller au delta du cercle restreint de la famille, des amis et du réseau social personnel ;
  • Suppriment la barrière de la distance ;
  • Facilitent la résolution des problèmes avec l’aide de la communauté d’utilisateurs ;

Voici quelques exemples de plateformes :

Réemploi des objets :

  • Revente : entreparticuliers.com, Ebay, Priceminister,yutilis.fr,
  • Don : yutilis.fr, jedonnetout.com, donne.consoglobe.com ;
  • Troc : troc.com/fr/,

Mutualisation :

  • Emprunt : pret-dunion.fr, abcargent.com/preter-de-l-argent,
  • Achats groupés : entreacheteurs.fr, achats-groupes.fr,
  • Location : locservice.fr, airbnb.fr, ouicar.fr
  • Troc : trocmaison.com

 

Mobilité partagée :

  • Autopartage : drivy.com, koolicar.com
  • Covoiturage : .covoiturage-libre.fr, vadrouille-covoiturage.com/covoiturage-gratuit.html,

Ces sites sont donnés à titre indicatif. Il en existe des centaines et chaque jour de nouvelles plateformes sont créées.

L’utilisation des réseaux sociaux.

Mais on peut aussi faire usage de la consommation collaborative au sein de son propre réseau d’amis, de connaissances, de collègues, de voisins, de membres d’une même association, de coreligionnaires, de parents brefs dans son réseau social.
Les plateformes de mise en relation gèrent une page dans un ou plusieurs réseaux sociaux pour faciliter la communication avec et entre les membres.

Quels postes du budget familial sont concernés par la consommation collaborative ?

Pratiquement tous les postes du budget familial connaissent la consommation collaborative. Nous allons citer les éléments les plus budgétivores comme :

L’alimentation :

  • l’achat groupé,
  • l’approvisionnement chez l’agriculteur,
  • le don ou la vente de légumes issus du jardin familial,
  • le don d’aliment : partager le contenu du frigo pour lutter contre le gaspillage alimentaire,
  • le dîner chez l’habitant,

L’habitation :

  • La colocation,
  • La location d’appartement ou de maison entre particuliers,
  • L’hébergement gratuit,
  • l’échange de maison pour les vacances,
  • La location de logement chez l’habitant,
  • La construction d’habitat participatif,
  • l’échange d’appartement,

Le transport :

  • Le covoiturage,
  • Achat ou location de voiture entre particuliers,
  • L’entraide pour la réparation du véhicule,
  • Le parking chez l’habitant,
  • Louer sa voiture le temps des vacances,

L’habillement :

  • Le troc d’habits,
  • le don,
  • la location de vêtement,
  • l’échange de bons plans pour s’habiller moins cher,

Les vacances :

  • L’hébergement gratuit chez le particulier,
  • Manger chez l’habitant les spécialités culinaires du pays visité,
  • l’échange de maisons,
  • louer une chambre chez le particulier,
  • la garde d’animaux de compagnie le temps des vacances,
  • changer ses devises entre particuliers,
  • échanger et partage de bons plans pour voyager dans le monde entier,
  • l’organisation de voyage à plusieurs,
  • réduire le coût du voyage en livrant un colis sur son parcours,
  • l’agence de voyages collaborative,
  • Loué son camping-car,
  • acheté des billets d’avions ou de trains à petits prix,
  • découvrir une ville par ses habitants,

Comment devenir un consommateur collaboratif ?

  • Avez-vous le désir et la volonté de rencontrer de nouvelles Personnes ?
  • Êtes-vous préoccupé par l’évolution de la société dans laquelle vous vivez et de la terre en général ?
  • Aimez-vous faire des découvertes, prendre des risques ?
  • Préférez-vous donner un objet plutôt que le jeter à la poubelle, cela traduit le plaisir de le faire durer ?

Si vous répondez oui à une ou plusieurs des questions ci-dessus, alors – selon les enquêteurs de l’ADEME – vous êtes prêt pour la consommation collaborative, car vous détenez une ou des caractéristiques des consommateurs collaboratifs Français.

Privilégier l’usage sur la propriété par le partage, l’échange, la location de biens et services entre particuliers : voilà une autre conception de l’économie qui vient au secours du budget familial malmené par les diverses crises.

Laissons le dernier mot à la pionnière de la consommation collaborative Rachel Botsman : « La confiance sera la nouvelle monnaie du XXI° siècle. »

«Lorsqu’une porte se ferme, il y en a une autre qui s’ouvre. Malheureusement nous perdons tellement de temps à contempler la porte fermée, que nous ne voyons pas celle qui vient de s’ouvrir.»
Alexander Graham Bell.

Les sources de l’article :

Direction générale des entreprises : Enjeux et perspectives de la consommation collaborative.

IDDRI : Economie du partage : enjeux et opportunités pour la transition écologique.

Wikipédia : La consommation collaborative.

ADEME : Les Français et les pratiques collaboratives Qui fait quoi ? Et pourquoi ?

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